Paroles d'expert
Le blog autour du recyclage

Chine, fin des importations ?

Depuis le début du mois de septembre, la Chine interdit l’entrée sur son territoire de certaines matières premières issues du recyclage : plastiques, textiles, papiers et déchets industriels. Le géant mondial invoque la protection de son environnement. Quelles sont les conséquences pour le secteur du recyclage et pour Paprec ? Éléments de réponse.

Paprec_Chine
Cest une grande muraille mais elle est invisible. Premier importateur mondial de matières premières issues du recyclage et de déchets, la Chine a mis en place il y a quelques mois un programme, le « National Sword » , avec pour objectif de limiter, voire d’interdire l’importation de certains déchets sur le territoire national. La raison invoquée ? La protection de son environnement.

Papiers en mélange, matières textiles, ferrailles et aciers, plastiques (PE, films plastique, styréniques, PVC, PET, PET bouteilles, PC, CD, DVD), autant de matières qui ne passent plus, désormais, les frontières chinoises. Alors que la Chine est le premier importateur mondial de matières premières recyclées avec 49,6 millions de tonnes (chiffres de 2015) et que les matières premières recyclées alimentent la croissance de sa production industrielle, les professionnels du recyclage s’inquiètent, en particulier en Europe. En effet, la Chine pèse très lourd dans les exportations de matières premières issues du recyclage de l’Union européenne.
D’après la Fédération professionnelle des entreprises du recyclage (FEDEREC), sur les 8 millions de tonnes de plastiques triées en Europe chaque année, près de 3 millions sont exportées en Asie, dont 2,6 millions vers la Chine. L’Empire du milieu importe chaque année, près de 9 millions de tonnes de matières plastique issues du recyclage, qu’il utilise ensuite dans ses industries. Pour Sébastien Petithuguenin, directeur général de Paprec Group, « La politique de la Chine est illisible en matière d’approvisionnement depuis plusieurs années. Nous avions compris qu’ils allaient fermer progressivement les vieilles usines polluantes pour se concentrer sur leurs plus beaux outils industriels. Et puis là, c’est brutalement l’arrêt ! »
Cartons, plastiques, deux marchés à distinguer
Entre cartons et plastiques, les deux situations n’ont rien de commun. Concernant le carton, la fermeture ne pourrait être que temporaire. « Dès le mois de novembre, les trois principaux acheteurs chinois de carton sont revenus sur le marché pour acheter à nouveau des tonnes, sans attendre d’avoir reçu leurs quotas d’importations pour 2018 et sans même attendre les nouvelles directives du gouvernement chinois. Si cet arrêt se poursuivait, ces industriels courraient à la ruine », commente Stéphane Armange, directeur général de FCR, la cellule de vente des matières premières du Groupe.

Toutefois, certaines interrogations n’étaient pas levées au mois de novembre : comment les autorités vont-elles contrôler les futures normes qualité des matières premières issues du recyclage ? Quel taux de matières indésirables vont-elles tolérer pour chaque tonne importée : 0,3 % ou 1 % ? Face à ces incertitudes, Paprec adoptait en novembre une stratégie prudente et préférait vendre en Asie du Sud-Est. « À moyen terme, nous allons nous en tenir à notre credo : la haute qualité ! Il faut que notre profession soit irréprochable, souligne Stéphane Armange. Les Anglais, les Espagnols et les Hollandais ont été moins exigeants sur la qualité qu’ils envoyaient aux Chinois. Aujourd’hui, ces derniers sont prêts à ralentir le commerce avec eux. Les achats chinois se feront demain sur les entreprises et les pays qui sauront exporter des matières premières recyclées de qualité. »
Paprec_Chine_carte_importations
Côté plastiques, une crise sans précédent
Pour les films plastique, c’est une crise industrielle et réglementaire sans précédent, qui s’amorce. L’enjeu n’est rien de moins que la relocalisation hors de Chine de l’industrie mondiale du lavage des films – 3 à 4 millions de tonnes de transformation par an, soit trois fois le marché français de l’ensemble des plastiques – considérée trop polluante par le gouvernement chinois.

« Dans ces circonstances, où l’on ne sait pas où va le marché, l’expérience des anciens nous enseigne que les bonnes matières chassent les mauvaises. Nous devons donc nous protéger par la qualité de nos matières premières », analyse Sébastien Petithuguenin. « À court et moyen termes, la crise asiatique amène tous les recycleurs à améliorer la qualité des films PEBD fournis », enchérit Jean-Marc Rouxel, directeur des ventes Plastiques FCR.

Pour préparer l’avenir et une relocalisation possible de l’industrie de lavage et de granulation des films plastique en Europe, les équipes de Paprec Plastiques sont déjà à pied d’œuvre. « Les équipes de Paprec Plastiques 27, à La Neuve-Lyre, possèdent un réel savoir-faire sur le lavage et la granulation des films. La montée en charge industrielle a été réalisée début juillet. Nous savons déjà produire un granulé qui peut s’adapter à un maximum d’applications clients », explique Jean-Marc Rouxel.

Preuve que les choses avancent vite, Paprec Plastiques a reçu en novembre la visite du responsable de production d’un de ses principaux clients chinois en films plastique. « Il vient pour voir nos méthodes et nous conseiller. Ce partage d’expérience nous aidera à mieux nous adapter aux caractéristiques du marché asiatique. Il sait que son usine en Chine va fermer… », conclut Jean-Marc Rouxel. La révolution vient juste de commencer.
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