Paroles d'expert
Le blog autour du recyclage

Le recyclage des bouteilles plastique a le vent en poupe

Utilisé pour fabriquer des bouteilles neuves  à partir de bouteilles usagées,  le r-PET* est de plus en plus convoité.  Depuis 2009, grâce à l’usine France Plastiques  Recyclage que le groupe exploite, Paprec est devenu un expert dans la fabrication de cette matière plastique.

Toujours plus de volumes demandés, des prix en augmentation, des relations commerciales désormais contractualisées sur deux ou trois ans : c’est un fait, le monde du plastique recyclé évolue, et entre dans une nouvelle ère. Et le PET recyclé (r-PET), l’une des rares matières valorisées capables de retrouver le grade alimentaire, vit tout simplement un renouveau. Ce qui a valu à France Plastiques Recyclage une année hors du commun.

« C’est simple, au niveau des volumes traités, nous avons atteint la capacité de production totale de l’usine, soit un peu plus de 30 000 tonnes toutes matières comprises, explique Éric Labigne, directeur du site de Limay (78). Et côté pr ix, le r-PET est aujourd’hui vendu à 1 300 euros la tonne, contre 800 euros il y a quatre ans. Le changement est énorme. »
Quelle est l’origine de ce changement ?
À en croire Damien Vincent, responsable du développement produits et de la qualité chez FPR, tout a commencé en 2017 au Forum économique mondial de Davos : « Procter & Gamble annonce qu’Head & Shoulders crée la première bouteille de shampooing recyclable fabriquée à partir de plastiques collectés sur les plages. Du côté de nos clients, des grands acteurs comme L’Oréal ont été piqués au vif. Ils ont eu l’impression qu’on leur coupait l’herbe sous le pied ».




Pourquoi ?
Tout simplement parce qu’à l’époque, Procter & Gamble montre qu’il a intégré avant les autres le nouveau sens de l’histoire. Celui de l’exigence écologique accrue des consommateurs, d’une part, et de l’évolution du cadre réglementaire, d’autre part : « Qu’il s’agisse des nouvelles directives de l’Union européenne sur l’accroissement de la part des matières recyclées ou de celles de la feuille de route française sur l’économie circulaire, les dernières grandes annonces ont fait bouger les choses. Aujourd’hui, nos clients veulent prendre les devants pour ne pas subir le phénomène », précise Sébastien Petithuguenin, directeur général de Paprec.
" France Plastiques Recyclage est l’une des meilleures usines au monde en fabrication de r-PET. Nous sommes les seuls à fournir Evian, la référence mondiale de l’eau. "
Éric Labigne, directeur de france plastiques recyclage
« Aujourd’hui, il faudrait ouvrir deux ou trois usines comme FPR pour fournir tous nos clients en r-PET » Jean-Luc Petithuguenin, président fondateur de Paprec group
Le pari de Paprec : la qualité
Mais qui dit nouvelle donne dit aussi nouveau challenge pour les acteurs du recyclage comme Paprec. Heureusement, avant même d’avoir à le relever, le Groupe avait su faire un pari gagnant : la qualité. « Ça a toujours été notre leitmotiv, précise Éric Labigne, directeur de FPR. Nous sommes l’une des meilleures usines au monde en matière de recyclage r-PET. D’ailleurs, nous sommes les seuls à fournir Evian, la référence mondiale de l’eau. L’idée, c’est d’offrir les meilleures garanties possibles à nos clients. »

Pour cela, FPR peut compter sur son savoir-faire et son avance technologique. Entre ses chaînes de tri optique, l’emploi de la technologie laser pour détecter les impuretés jusqu’au coeur des molécules de plastique ou encore son niveau d’expertise chimique, l’usine de Paprec Group est plus que jamais à la pointe de son secteur. Une position de leader qu’elle doit en partie à la qualité du flux entrant français, mais aussi et surtout à son exigence et son désir d’innovation : « Il y a deux choses très importantes au niveau du r-PET, explique Éric Labigne. La qualité des granulés visibles, évidemment, mais aussi la qualité invisible. La partie chimique du produit. Nous voulons que les deux soient irréprochables.»
Cette année, le Groupe va d’ailleurs investir 3 millions d’euros supplémentaires dans une nouvelle technologie laser, pour augmenter à la fois sa fabrication de granulés de bouteilles et leur qualité. Un positionnement d’autant plus important que, selon Damien Vincent, « les militants anti-plastique attaquent le recyclage en affirmant que la matière recyclée n’offre pas les mêmes garanties que la matière d’origine fossile, ce qui est faux ».

Pour autant, tout cela ne réglera pas un problème important : les volumes entrants de matière. « Aujourd’hui, il faudrait ouvrir deux ou trois usines comme FPR pour fournir tous nos clients en r-PET, détaille Jean-Luc Petithuguenin. Seulement, nous manquons de gisements ». En effet, à peine plus de la moitié des bouteilles plastiques mises sur le marché se retrouvent dans la collecte sélective.  « Pour augmenter les capacités de production, il va d’abord falloir collecter beaucoup plus de déchets. » Alors, en attendant, Paprec fait des choix : « Nous avons décidé de soutenir avant toute chose nos clients directs, les transformateurs et les injecteurs, mais aussi ceux qui nous ont accompagnés dans les périodes difficiles. Tout en ayant à coeur de défendre l’industrie française, pour promouvoir l’économie circulaire la plus adaptée possible. »
3 QUESTIONS À Sébastien Petithuguenin,
directeur général du groupe Paprec

Comment expliquez-vous le succès actuel du r-PET ?
On parle d’une résine qui a de nombreux avantages. Elle est jeune, technique, légère, et offre un bon rendement matière lorsqu’elle est travaillée. Après, les matières plastique recyclées se portent globalement bien, et ça n’était pas le cas il y a quelques années, lorsque les prix des matières vierges étaient très bas. Aujourd’hui, la demande est là, mais nous avons su la stimuler.
Comment ?
Le grand marché du PET, c’est la fibre textile. Mais chez FPR, nous avons choisi de croire en l’avenir du r-PET, et donc nous nous sommes donné les moyens de fabriquer du plastique recyclé apte au contact alimentaire. D’autant plus que l’exigence environnementale des consommateurs a évolué, et qu’ils préféreraient à terme acheter des bouteilles fabriquées avec de la résine recyclée.
Une stratégie gagnante, donc.
Oui, en 2019 ! Mais n’oublions pas les dix années très difficiles que nous avons vécues avant. Pendant ces dix années, nous avons dû soutenir FPR pour éviter la faillite !Et la preuve que cette stratégie est gagnante, c’est que les acteurs pétroliers ne prennent plus les recycleurs de haut. Le numéro 1 mondial du PET, le Thaïlandais Indorama, vient de racheter Sorepla, une entreprise de valorisation de PET française. Aujourd’hui, il n’y a plus d’opposition fossile/recyclé. Nous sommes parvenus à une certaine forme d’équilibre. Mais attention, pour être pérenne, la filière va devoir elle aussi entrer dans une phase de rééquilibrage économique et stabiliser ses prix. C’est la clé pour évoluer sereinement !

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